Condamnation des membres de la LUCHA, une insulte ou moquerie de Kabila à Ban Ki Moon, le SG de l’ONU? (Editorial)

Joseph Kabila - Ban Ki Moon
Joseph Kabila, Président de la RDCongo et Ban Ki Moon, SG de l’ONU

Joseph Kabila a trouvé le moyen idéal pour faire passer son message à la communauté internationale, en profitant de la présence du SG de l’ONU pour condamner les militants de la LUCHA.

Ce geste, est-il un message qu’il se moque complètement de “leurs discours”? Ou encore qu’il ne peut recevoir des leçons de personne?

Alors que le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) se trouve actuellement en République Démocratique du Congo, pour discuter des voies et moyens afin d’éviter de nouvelles tensions en RDC concernant le respect de la constitution, le dialogue et l’alternance dans les délais constitutionnels, Joseph Kabila et la justice congolaise, laquelle justice qui siège sous “ses griffes”, viennent de lui lancer un message clair, mais codé : La RDC est mienne, je ne partirai pas. Je fais ce que je veux, comme je le veux, et quand je le veux. J’y suis et j’y reste… Non pas qu’il l’aie dit littéralement, mais n’est-ce pas que les gestes parlent souvent mieux que les paroles? Je m’explique:

Nul n’est sans ignoré des repressions, menaces et arrestations que subissent les opposants au gouvernement dictatorial de la RDC depuis que la question d’un possible changement ou tripatouillage de la constitution est soupçonnée.

Ceci dit, après la manifestation des Congolais contre la loi électorale de janvier 2015, laquelle loi si modifiée, allait permettre à Joseph Kabila de se représenter au poste de président de la RDC après ses deux mandats conformément à l’actuelle constitution, l’opposition avait décrété la journée ville morte pour le 16 février 2016.

Pou rappel concernant la loi électorale, la Majorité présidentielle avait échoué de la modifier, et cela, grace à la pression faite par le peuple congolais. Il y avait malheureusement plusieurs morts, enlèvements et emprisonnement enregistrés. Des balles réelles avaient été tirées sur la population qui n’était pas armée.

La journée ville morte décrétée par l’opposition le 16 février 2016 a été une réussite totale malgré les menaces du gouvernement congolais, et elle a fait parler d’elle dans plusieurs médias internationaux plus que les médias nationaux, et cela était du au manque de liberté d’expression et du musèlement des journalistes en RDC.

Mais, qu’on se le dise, avec les réseaux sociaux, “le géant” président au régime incapacitaire, mais totalitaire de la RDC n’a pu stopper aux Congolais de montrer au monde entier le respect de la ville morte observée en ce jour du 16 février.

A part le fait d’avoir fait parler d’elle dans le respect de la consigne donnée par l’opposition de la RDC, en ce même jour, y a eu également plusieurs arrestations, dont celles des militants de la LUCHA à Goma.

Au nombre total de 6, ces jeunes, symbolisant un espoir d’une RDC qui vivra bientot dans un Etat de droit par leur courage et leur détermination, ont été enlevés, maltraités et emprisonnés dans les prisons “mouroirs” de la RDC en ce même jour du 16.

Quelques jours après leurs arrestations, sous plusieurs incohérences et non respect des lois, ces membres de la LUCHA, pour la plupart jeunes, viennent d’être condamnés aujourd’hui à deux ans de prison ferme par la justice congolaise, laquelle justice manipulée de toute part par le gouvernement autoritaire et totalitaire de la RDC.

L’une des accusations contre ces jeunes qui n’ont pour armes que leurs stylos et leurs bouches : Atteinte à la sureté de l’Etat… A ces jeunes nouvellement condamnés s’ajoutent les deux autres qui sont présentement dans la prison de Makala (Fred Bauma et Yves Makwambala), sans oublier les multiples autres prisonniers politiques dont Jean-Claude Muyambo, Diomi Ndongala, Christopher Ngoyi, Eric Kikunda, etc.

Après cette sentence et cette charge que plusieurs Juristes sur place ont traités d'”infraction non instruite”, les membres de la LUCHA ont déclaré être plus déterminés qu’avant.

Ce qu’il faut reconnaitre est que la majorité des Congolais qui ne se servent pas à la mangeoire gratuite de la Kabilie a déjà compris que c’est la fin d’un système et d’un régime qui décident de s’en prendre à tout ce qui bouge. Mais, ce que ce système a oublié est que lorsque le vent souffle, il est difficile de confirmer exactement dans quelle direction il se dirigera, pour mieux le controller ou le stopper.

Dans un twit publié il y a trois heures, la LUCHA a confirmé que c’est le Gouverneur “chéri” de Joseph Kabila, M. Julien Paluku qui est responsable des arrestations de leurs membres en ces termes précis: “Nous l’avons dit, nous le redisons @julienpalukucom a personnellement orchestré l’arrestation et la condamnation ce jour de nos camarades.”

Révoltés par ces nouvelles arrestations et condamnations qu’ils jugent injustes, les membres de la LUCHA ont décidé de manifester leur mécontentement. Ils l’ont souligné en disant : “Demain, quand nous manifesterons, nous ne serons plus quelques dizaines, mais des millions. Merci au TGI Goma et à Julien Paluku.”

Avec cette condamnation que plusieurs trouvent injustes, et malgré la présence sur le sol congolais du SG de l’ONU, Joseph Kabila vient de démontrer, encore une fois, qu’il est au-dessus de la loi. Qu’il ne craind rien, ni personne, et qu’il peut tout faire et quand il le veut sur les Congolais sans que la communauté internationale ne réagisse ou ne le lui reproche.

Ceci est en quelque sorte une injure directe au SG de l’ONU. Joseph Kabila devait, ne fut-ce que par sa présence sur le sol congolais et par respect à l’ONU qui est une institution censée représenter la paix dans le monde et la résolution des conflits, montrer un exemple concrêt de recherche de paix, en libérant tous les prisonniers politiques et non en en condamnant d’autres.

Ce qui est vrai est que les Congolais sont fatigués d’entendre des discours vides et des promesses des sanctions contre Joseph Kabila et ses proches, pendant qu’ils sont les seuls à subir les viols, la famine, les abus des droits de l’homme, les traffices d’influence, etc.

“Plutot mourir debout que de vivre à genoux” : a dit l’écrivain Albert Camus dans son livre intitulé L’homme revolté publié par Gallimard. Sommes-nous entrain de vivre cette révolte, mais cette fois-ci, contre l’injustice que subissent les Congolais en RDC par leur gouvernement qui est censé les protéger?

Pour l’instant, l’humanité entière devra se souvenir du courage de ces jeunes activistes pour avoir été capables de dire “ASSEZ” et “NON” quand les autres ne l’ont pas fait.

Et cela nous emmène à la prise en charge des Congo par les Congolais… Mais, les Congolais, sont-ils prêts à se prendre en charge? L’avenir nous en dira plus.

Coralie Kienge

Journaliste et Rédactrice en chef

La Voix de l’Afrique au Canada

2 Comments on “Condamnation des membres de la LUCHA, une insulte ou moquerie de Kabila à Ban Ki Moon, le SG de l’ONU? (Editorial)”

  1. C’est terrible pour notre Congo car beaucoup des congolais sont encore endormis ce qui leur sera difficile de révolté mais quand meme ils veulent la paix malgré leur sommeil spirituel or celui qui veut la paix prépare la guerre. Sans combattre nous même pour notre terre la paix ne nous reviendra jamais et nous resterons toujours esclave des autres .pour quoi pas mourir nous aussi pour les les futurs générations ? Or beaucoup ont accepté la mort pour notre génération .Mzee Kabila ,Lumumba, Kimbangu Ndala ,Bahuma et les autres ont accepté de verser leur sang pour que nous vivons en liberté .Congo nous appartient alors faisons entretien pour le grand combat qui est en route en but de l’indépendance totale Lamuka mwana Congo mpo ngonga ebelemi mpona KO bundela mboka oyo bakoko ba tikela biso .votre jeune frère poète révolutionnaire Mzee Bokota Mwana bâ Zulu.Merci

  2. La justice congolaise n’est plus indépendante, de la cour constitutionnelle au tribunal de paix. Que dire de tous les magistrats de parquets ??? La magistrature congolaise, disait un homme politique célèbre, n’est ni assise ni debout, elle est totalement à genou. Elle faut la relever ou qu’elle se relève fondamentalement.

    Je me permets de me demander si cette justice peut élever la nation congolaise, promouvoir son développement et protéger les droits de l’homme tels que garantis par la constitution.

    La sanction devait être une sanction positive ou négative contre les abus de pouvoir des dirigeants et non pas être une caisse de résonance du pouvoir.