Des chercheurs découvrent un gène qui limite l’envie de consommer de l’alcool

Existe-t-il un gène qui limite le désir de boire de l’alcool ? C’est ce que montre une étude menée par des chercheurs américains qui évoquent plus précisément un variant de ce gène.

Comment expliquer que certaines personnes présentent une appétence prononcée pour l’alcool alors que d’autres peuvent très bien s’en passer ? La réponse se trouverait dans un gène ou plutôt dans un variant de ce gène, ont découvert des chercheurs du Texas Southwestern Medical Center.


Leur étude s’est basée sur la plus grande méta-analyse du génome de 100 000 personnes considérées comme des buveurs lourds ou légers. Elle a conduit à l’identification d’une variation dans le gène β-Klotho observée chez environ 42% de ces personnes, associée à un désir diminué de boire de l’alcool.

Le gène β-Klotho code la protéine β-Klotho présente dans le système nerveux central et qui interagit via le sang avec une hormone produite dans le foie, la FGF21. Dans un second temps, les chercheurs ont proposé à des souris génétiquement incapables de produire la protéine β-Klotho de l’eau ou de l’alcool.

Les souris ont préféré l’alcool même quand elles ont reçu l’hormone FGF21, “ce qui indique que la capacité de FGF21 à supprimer la préférence pour l’alcool dépend de la présence du gène”, expliquent les chercheurs. Ces derniers estiment donc qu’il existe une relation cerveau-foie grâce à cette hormone et que celle-ci peut être défectueuse.

Une piste thérapeutique

“La FGF21 est une hormone avec des effets pharmacologiques remarquables, a déclaré le Dr Mangelsdorf, l’un des auteurs de l’étude. Les travaux suggèrent que la voie FGF21-β-Klotho régule la consommation d’alcool et semble indiquer un mécanisme que nous pourrions être en mesure d’influencer afin de réduire la consommation d’alcool”.

A terme, cette découverte pourrait conduire au développement de médicaments pour réguler l’envie de consommer de l’alcool, notamment chez les personnes alcooliques. Une voie thérapeutique pourrait notamment être explorée, celle de la pharmacogénétique ou l’étude de la façon dont les gènes affectent les réponses aux médicaments.

Un tel traitement aurait son importance puisqu’une consommation élevée d’alcool favorise, entre autres dangers, l’hypertension artérielle et l’obésité, deux facteurs de risque de maladies cardiovasculaires. Le passage d’une consommation lourde à modérée apporte de fait des avantages non négligeables pour la santé.

Santé Magazine

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