Voici pourquoi il est temps de revaloriser le métier de journaliste au Canada

Pour sauvegarder la démocratie, la liberté de presse, la liberté d’expression ou encore la divergence dans les informations livrées aux Canadiens, il est primordial d’investir plus d’argent et de ressources dans le secteur des médias. Qu’on se le dise! Avec l’arrivée d’Internet et des réseaux sociaux, le métier de journaliste décline. Il suffit de lire les journaux, d’écouter la radio ou de regarder la télévision, pour se rendre compte du copier-coller d’informations dans les médias. Ce système diminue la diversité dans l’information diffusée. Et l’une des raisons: manque de personnel ou de temps de traitement d’informations.

Si, en tant que Canadiens, le désir de s’informer et d’avoir une bonne information vérifiée par des professionnels des médias fait partie de nos priorités, il est important que nos élus priorisent aussi le métier de journaliste. Est-ce le cas aujourd’hui au Canada? On remarque que les grandes entreprises médiatiques sont obligées de supprimer plusieurs postes ou services par manque de revenues ou de financement. Dans son livre « Médias et démocratie, le grand malentendu », l’auteure Anne-Marie Gingras soulève, entre autres, les difficultés que rencontrent les journalistes causées par leur interdépendance face aux pouvoirs politiques et économiques.

Ceci est un grand problème, surtout pour ceux qui aspirent au métier de journaliste. Le désir d’informer qu’incarne ce métier est rare et le devient de plus en plus. Il est important de rappeler que pour la majorité des journalistes, le journalisme est avant tout une passion avant de devenir un métier, d’où la raison pour laquelle, malgré les multiples coupures – sans vouloir exagérer -, le journaliste existe toujours. Cependant, cela ne devrait pas être le cas puisque nous vivons dans un pays qui promeut la liberté d’expression telle que stipulée dans la Charte canadienne de 1982.


Pour s’en sortir, les médias s’adaptent et entrent dans le monde d’Internet et des réseaux sociaux; un grand monde où plusieurs se font passer pour des journalistes sans souci pour l’éthique ou de la déontologie journalistique. On y trouve une multiplicité d’informations qui peuvent perturber le public. Cette adaptation pousse certains médias à aller vers l’information qui choque, parce que c’est celle qui est recherchée par le public, oubliant ainsi l’essentiel du métier.

On remarque ainsi qu’inconsciemment ou consciemment, les médias encouragent et propulsent des opinions souvent négatives. Nous en connaissons les conséquences : la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles des États-Unis, par exemple. Discours racistes, insultes aux femmes et handicapés, etc. Et, aujourd’hui au Canada, la députée Kellie Leitch du Parti conservateur s’en inspire. Elle utilise une rhétorique visant la redéfinition des valeurs canadiennes ou encore la non-importance des médias comme CBC / Radio-Canada. Elle base son discours sur des antagonismes biologiques et psychologiques pour espérer soulever ainsi la « peur de l’inconnu » chez certains Canadiens.


Est-ce que nous nous rendons compte de l’ampleur de la menace contre le métier de journaliste au Canada si CBC / Radio-Canada devait fermer ses portes ? Observons! Le journalisme d’enquête diminue au Canada et ceux qui en pratiquent encore deviennent en quelque sorte « gênants ». Bien sûr, on ne les tue pas comme dans les régimes dictatoriaux, mais on cherche tout de même à les contrôler. L’exemple le plus récent est celui des journalistes d’investigations québécois qui étaient sous écoute par la GRC. Quid de l’anonymat des sources?

Âllo! Il est temps de revaloriser le métier journalistique au Canada pour que les jeunes étudiants qui considèrent en faire une carrière ne soient pas découragés. Être journaliste commence par une passion qui se traduit en métier et rarement le contraire, d’où son rôle majeur et son importance dans la société.

Coralie KIENGE